The Gingerbread.

The Gingerbread.


Titre: The Gingerbread

Auteur: Prosper Gingerbread

Date (Début) d'écriture: ??/??/????

Date (Fin) d'écriture: ??/??/????

Résumé:

Un récit intemporel.
L'histoire ne nous as pas tout dévoilée, certains événements restent enfouies dans les ténèbres..
Une ville paisible, Gertwiller, un jeune agent de la voie publique, une série d'évènements, des souvenirs s'entrechoquant, un puzzle de confusion et questions sans réponses dans la tête d'un narrateur en quête de confession. Saurez-vous écouter son histoire jusqu'au bout?





# Posté le dimanche 15 mars 2009 08:37

Modifié le dimanche 15 mars 2009 13:43

Introduction.


L'histoire se passe en Alsace dans un petit village du nom de Gertwiller*.
Cette petite commune paisible, d'une superficie modeste (4,89 km²) est constituée approximativement ▬ de nos jours ▬ d'une poignée de mille habitants.
Elle a d'ailleurs reçue le titre de capitale du pain d'épice, succédant ainsi à Reims et Dijon.
Vous vous demandez sûrement, lecteur, pourquoi parler d'une ville aussi peu signifiante? , ce n'est pas là où la criminalité bat à son plein, cette ville n'aurait même pas de quoi combler la une d'un quelconque journal local.

Et pourtant, elle regorge d'une sombre histoire encore cimentée dans les entrailles de l'ancienne ville.
Le genre d'histoire que l'on aimerait oublier, ou que l'on espèrerait n'être que fiction...
Tel le tintement de la cloche du midi de Mittelbergheim*, cette tragédie raisonne encore ardemment dans ma tête.
Tout mon corps se rigidifie en repensant à ce drame, peut-être qu'en vous relatant ces faits je ne cherche qu'à me soulager d'un poids immense qui pèse au plus profond de moi.
Un poids dont je n'ai jamais pu me délester, trouverai-je la délivrance par l'écriture? pourrai-je un jour de nouveau retrouver le sourire? voir cette ville comme je la voyais d'antan? Ou les rêves ne durent qu'un temps et le souffle infâme de la réalité vient nous sortir de notre sommeil ?

Aucun habitant ne se doute aujourd'hui du terrible drame qui a hanté ▬ comme je me plaisais à l'appeler ▬ «Le Roi au Pain D'épices».

▬ Il est encore temps de rester dans l'ignorance cher lecteur, de jouir de la vie tel un enfant, après avoir lu ce récit, vous ne verrez plus les choses qui vous entourent et le commun des mortels comme vous l'avez connu auparavant... alors fuyez !! n'ayez aucune honte à vous complaire dans l'ignorance! continuer vos jeux puérils et surtout ne portez pas le fardeau qui est le mien! ▬





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* Gertwiller est une commune française, située dans le département du Bas-Rhin et la région Alsace. Spécialisé dans la fabrication de pain d'épice. En effet sa fabrication y remonterait au XVIIIe siècle et peut être même avant, si bien qu'au début des années 1900 il n'y avait pas moins de 8 à 9 fabricants dans le village! La renommée du pain d'épices de Gertwiller était énorme aux 19ème et 20éme siècles, Gertwiller a d'ailleurs reçu le titre de capitale du pain d'épice, succédant ainsi à Reims et Dijon. Il subsiste aujourd'hui deux fabricants, Fortwenger et Lips qui a crée en 1998 le Musée du pain d'épices et de l'Art Populaire Alsacien.

* L'origine du nom est dérivée de l'allemand Mittel = milieu, Berg= montagne et Heim = village.

# Posté le dimanche 15 mars 2009 08:38

Modifié le dimanche 15 mars 2009 13:56

...

▬ Si vous lisez ces lignes cela signifie que votre curiosité à prit le dessus sur votre bon sens! eh bien soit je vais donc tout vous raconter.. ▬

Je devais avoir tout juste vingt-deux ans, si mes souvenirs ne me trompent pas... Je venais de sortir de mes classes d'agent de la voie publique, et je fus affecté à Gertwiller, village au premier abord accueillant bien qu'intriguant.

J'avais vécu jusqu'à ce jour dans les grandes artères de notre pays, ▬ Plus précisément Paris, là où j'avais obtenu mon droit d'exercer le métier qui me guida dans ce cul-de-sac.. ▬ Pour moi Gertwiller n'était qu'un vaste terrain de jeu dont j'avais déjà pu faire le tour en moins d'une demi-journée.
Les habitants étaient accueillant, chaleureux, dépourvu du stress que l'on peut embrasser quotidiennement dans les ruelles parisiennes.. Ici, nous ne connaissions pas cette peur constante dans les grands centre de notre société. Cette peur qui vous broie le ventre lorsque vous pénétrez dans certaines ruelles sombres de Paris, ce genre de ruelle où votre survie ne tient qu'à un fil, flirtant avec la mort, lui offrant une danse l'espace de quelques enjambées.. Le sang se glace, tout vos sens sont en alerte à chaque micro-bruit, les battements de votre coeur, sonnent comme un accompagnement funèbre.. Ces sales rongeurs vous scrutant dans les sombres recoins mêlés aux ordures et restes de certains malheureux, tel de vulgaires charognards nécrophages..

Cette pression, cette monté d'angoisse, ce mal-être était le quotidien de chacun. Mais ce n'était pas le cas pour cette sinistre commune, le taux de criminalité étant quasi-nulle depuis bon nombres d'années.

J'étais le bleu de la maison, du haut de mes vingt-deux ans, avec ma tenue toute fringante sortant d'une usine publique, formé, prêt à l'emploi, paré à toute éventualité...Toute?...Non! L'ennuie ne faisait pas partie de nos cours. Et pourtant j'ai dû me familiariser avec ce mot. Car, vous l'aurez compris, notre quotidien en tant que force de l'ordre dans ce patelin n'était pas des plus passionnant...

Je me souviens encore lors de l'annonce de mon lieu d'affectation, je me voyais déjà faire face à la grande criminalité, mes instructeurs m'avaient promis un changement radical d'atmosphère, la connaissance d'un monde inconnu qui susciterait en moi de nouvelles approches du métier... C'est ici à Gertwiller que j'aurai donc ce fameux éveil dont on m'avait tant parlé...

Premier jour dans la commune, le climat était déjà posé, de vieilles maisonnettes fumantes à l'unisson, des rues lumineuses éclairées par les sourires des passants, pas un regard sombre, par un retour à la froideur de ma jeunesse..

À peine eu-je fais quelques pas dans l'agglomération, que je sentis un changement foudroyant. Où était cette odeur macabre? La senteur matinale d'un corps en décomposition à moitié déchiqueté par quelques chiens errant ▬ Qui se sont d'ailleurs attardés sur des intestins se trouvant étendus tout le long de la ruelle, baignée d'une mare de sang coagulé vernissant d'un rouge lugubre les pavés des allées.. ▬ Rattachant ce macchabée à un dépôt d'ordure, comme un nouveau né relié à sa mère par le cordon ombilical... Ce genre de climat où même les odeurs, si présente, en deviennent palpable à l'½il nu, nous montrant un épais brouillard de pourriture, où même les cafards évitent de s'y aventurer. Cette puanteur nauséabonde et suffocante qui distinguait tellement mon quotidien d'autrefois, mes cloisons nasales se sentaient rajeunie par le parfum du pain d'épice qui hantait chaque bâtiment..






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# Posté le dimanche 15 mars 2009 10:30

Modifié le samedi 21 mars 2009 07:51

...

Vagabonds? Peste? Pauvreté? Viole? Macchabée? Où sont les rats dont les mômes s'acharnaient à traquer afin de ne point mourir de faim? Toutes ces horreurs ne m'apparaissaient pas.. Peut-être étaient elles dissimulées dans certaines zones obscures que seuls certains initiés ont coutume de repérer.. Toutes ces atrocités qui ont fait mon quotidien pendant mon stage sur Paris semblait n'être qu'un affreux cauchemar, je devrai sans doute m'en trouver heureux que cette ville ne fût pas atteinte par de tel fléaux. Mais pourtant ce n'était pas du tout le cas.

Je n-y voyais qu'une sombre mascarade, je ne comptais pas être leurré comme tous ces habitants crédules, je connais la nature humaine, elle est vile et perverse.. Et je sentais que cette comédie ne tarderait pas à tourner à la tragédie...

Je n'ai pas tardé à rejoindre le commissariat. ▬ Un commissariat, il n'en portait que le nom ▬. Se tenait devant moi une vieille maisonnette délabrée, aux allures de bistro. Ce bâtiment n'avait pas été rénové depuis la révolution française, pour vous dire à quel monument historique je fis face! D'un pas hésitant je me résigna à pousser la porte, ▬ m'imaginant rentrer dans une autre dimension, aspiré dans un jadis où je ne pourrai revenir, totalement dépourvu du présent, je sombrerai comme une antiquité et ferai meuble dans ce vestige d'architecture. ▬ Un dinosaure préhistorique se tenait devant moi: «le vieux Dooni*» ! Quarante-cinq ans de loyaux services, homme à tout faire, celui qui à la solution à tout. le couteau-suisse de la boîte entre-autre. Du haut de ses un mètre quatre-vingt, d'une corpulence trahissant sa gourmandise. Ses cheveux étaient cours et brossés de couleurs cendre; sur son visage on pouvait lire un certain vécu et les rides faisaient offices de marque de «guerre». Ses yeux étaient d'un noir scintillant. Le premier bouton de sa chemise dégrafé, les manches retroussées, cette masse se tenait devant moi, impassible tel un lion guettant sa proie de son regard bestial.

À peine eu-je fais un pas vers lui qu'il se mit à gesticuler comme un porcelet qu'on égorge, s'approchant vers moi les bras levé, comme pour accueillir le messie ou le vieil ami que l'on attendait depuis trop longtemps, avec un sourire et une attitude amicale voir paternelle. Après quelques échanges de tonalité, il me fit faire le tour des lieux afin de me familiariser avec «ma seconde maison». Je me rappelle encore de son sermon d'incorporation :

« Bienvenu dans la famille fiston! Gertwiller est un petit patelin accueillant et paisible. Les gens ont le c½ur sur la main! Ici les seules procès-verbaux que nous dressons ne sont que de vulgaires gouttes dans l'océan de la criminalité.
Constatation de dégradation, stationnement gênant, nous travaillons plus sur la prévention que la répression.
Nous ne sommes pas les Rottweiler de l'état qui s'acharne sur le porte-feuille du contribuable comme sur un vulgaire os à moelle! Le respect de l'uniforme s'acquiert avec le respect de ses concitoyens! Respectez les autres pour se faire respecter! Tel, est notre devise!
»








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* Dooni = Antoine en Alsacien.


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# Posté le samedi 21 mars 2009 07:48